EMTN

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2020

Sommaire

Un Euro Medium Term Note (EMTM) est un instrument de dette émis par les entreprises. Il se situe à mi-chemin entre un titre négociable à court terme (Negotiable European Commercial Paper ou NEU CP) et une obligation d’entreprise. C’est un produit risqué et réservé aux clients « professionnels » selon la classification de la MIF (directive sur les marchés d'instruments financiers).

Importé des États-Unis, un EMTN permet à une entreprise d’emprunter rapidement sur les marchés lorsqu’elle en a besoin, puis de suspendre l'offre lorsque ses objectifs de financement sont saturés. La souscription aux EMTN implique d’avoir pris connaissance de leur « prospectus ».

Principe des EMTM

Quand une entreprise prévoit de réaliser plusieurs émissions d'obligations, elle peut recourir au EMTN. Elle publie alors un prospectus, c’est-à-dire une documentation valable pour l'ensemble des émissions à venir, une sorte de « tout en un » informatif.

Ce scénario, obligatoirement validé par une autorité de marché comme l’AMF, lui permet ensuite de solliciter les investisseurs par étapes et pour des montants variables.

Les EMTN peuvent avoir une durée allant de 1 mois à 30 ans, mais c’est celle comprise entre un  1 et 5 ans qui est la plus usuelle. Les émissions d’EMTN d’une durée inférieure à 12 mois sont marginales, ce qui rapproche le marché des EMTN et celui des titres négociables à moyen terme, ou Negotiable European Medium Term Note (NEU MTN).

Le système des EMTN est flexible. Chaque émission fournit à l’émetteur la possibilité d’adapter les caractéristiques de ses titres à la tendance du marché.

Pour lancer un programme d'émission, l'émetteur fait appel à un « arrangeur », les titres étant ensuite vendus par des « agents placeurs ». Dans le cadre d'un même programme d'émission, les titres peuvent varier en terme d’échéance, de taux, de conditions de remboursement, etc.

En  2013, la banque postale a, par exemple, émis :

  • des EMTN taux « plain vanilla », dont le rendement était déterminé à la souscription selon un taux fixe ou un taux variable d’une durée de 1 an et 1 jour minimum à 10 ans maximum ;
  • un EMTN structuré, de 2 ans minimum et 10 ans maximum dont le rendement était conditionné par l’évolution de paramètres de marché : taux ou combinaison de taux.

Les émissions d’EMTN peuvent être structurées en fonction de différentes options patrimoniales : sécurité (capital garanti + participation à la performance du sous-jacent), rendement, recherche d’un effet de levier, etc.

EMTN : fonctionnement

Le fonctionnement et la rentabilité dépendent de l’évolution du cours d’un « sous-jacent » de référence, à savoir :

  • un indice ou un panier d’indices  ;
  • un titre ou d’un panier de titres (actions ou obligations)  ;
  • un fonds ou d’un panier de fonds  ;
  • une matière première ou un panier de matières premières.

Le produit est généralement soumis à des frais d’entrée et de sortie.

Le remboursement du capital de l’investisseur n’est pas forcément garanti dans sa totalité. Des possibilités de sortie par anticipation sont possibles. Elles sont souvent pénalisantes pour l'acheteur.

On distingue 3 grandes catégories d’EMTN :

  • Ceux à structure « Autocallable » qui conditionnent le remboursement du capital à la performance du sous-jacent à une date de valeur fixée à l’émission.
  • Ceux à structure « Down and In Reverse Convertible » dans le cadre desquels l’investisseur peut perdre une partie de son capital si la performance du sous-jacent n’atteint pas un certain seuil durant une certaine période.
  • Ceux à structure « Autocallable Floored Accrual Note » qui détachent un coupon dont la valeur fluctue selon des paramètres (taux, etc.) relevés à intervalles réguliers (par exemple 1 mois).

Pour l’investisseur, outre les caractéristiques spécifiques de l’émission, la rentabilité de l’EMTN est conditionnée par 3 facteurs :

  • La solidité de l’émetteur (risque de crédit), évaluée par les agences de notation.
  • La solidité du sous-jacent (actif ou taux d’intérêt).
  • La solidité du marché secondaire (risque de liquidité), par exemple en cas de maelstrom boursier.

Pour en savoir plus :

Aussi dans la rubrique :

Prêts non-bancaires pour les pros

Sommaire

Ces pros peuvent vous aider