Création monétaire

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en janvier 2021

Sommaire

La création monétaire est un mécanisme lié au crédit bancaire. Sa conséquence est d'augmenter la masse de monnaie en circulation. 

À chaque fois qu’une banque accorde un crédit à un agent économique, il y a création monétaire puisque les moyens de paiement disponibles sont augmentés d’autant.

Les banques commerciales sont responsables de 90 % de la création monétaire.

Création monétaire : principe

La création monétaire est le mécanisme permettant au stock de monnaie disponible de s’accroître afin de répondre aux besoins de financement des agents économiques.

La monnaie est un instrument de paiement et un instrument de réserve de valeur pouvant être détenu sous forme de liquide ou en placements liquides. La masse monétaire est divisée en 3 agrégats :

  • M1 qui regroupe les pièces et les billets en circulation, ainsi que les dépôts en compte-chèques ;
  • M2 qui reprend M1 en y ajoutant les comptes sur livrets des résidents de la zone euro ;
  • M3 qui regroupe M2 et les OPCVM monétaires (SICAV, FCP) ainsi que les instruments du marché monétaire et les titres de créance d’une durée maximale égale à 2 ans.              

Ce sont les banques qui sont à l’origine de la déformation de ces agrégats.

Les économistes distinguent les banques de premier rang (les banques centrales) et les banques de second rang, dont les banques commerciales.

Les banques commerciales représentent 90 % de la création monétaire. Dès qu’un agent économique souscrit un crédit bancaire, il y a création monétaire : pour trouver l’argent qu’il prête à son client, le banquier à 2 solutions :

  • puiser dans les dépôts sans emplois de la clientèle. Avec cette solution, il n’y a pas de création monétaire puisque les fonds sont simplement transférés d’un agent économique à l’autre ;
  • créer de la monnaie. Par un simple jeu d'écritures, les banques créent de la monnaie sans détenir la totalité de la ressource équivalente. C’est ce processus qui est à l’origine de la création monétaire.

En phase de développement économique, les remboursements de crédits créateurs de monnaie sont inférieurs à la délivrance de nouveaux prêts. Sur le long terme, la création monétaire est donc couplée à la croissance exponentielle du Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant. 

Freins à la création monétaire

La masse monétaire s’accroît tant que la création monétaire l’emporte sur la destruction occasionnée par le remboursement des crédits (destruction monétaire).

La création monétaire est perçue différemment selon les courants économiques. Pour les monétaristes, son augmentation entraîne une hausse du niveau général des prix, mais pas de croissance de l’activité réelle.

A contrario, les keynésiens estiment que la création monétaire provoque un effet de relance sur la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. De leur point de vue, la politique monétaire est donc un instrument de pilotage économique.

Même si elles n’ont pas de cours légal, les crypto-monnaies participent aussi à la création monétaire, par exemple quand elles sont échangées contre une monnaie émise par une banque centrale ou recyclées dans l'économie réelle.

La croissance de la création monétaire doit théoriquement évoluer au même rythme que les biens et les services. Pour la réguler, les banques centrales (Fed, BCE, etc.) ont la possibilité de faire varier leurs taux directeurs. Quand ces taux sont bas, l’argent ne coûte rien et les agents économiques se financent à bon compte. Quand les taux montent, le loyer de l’argent s’accroît, la demande de crédit diminue et la création monétaire ralentit. L’objectif est qu'il y ait suffisamment de monnaie dans l'économie, mais pas d’excès, afin éviter les risques de récession et d'inflation.

Afin de limiter la création monétaire des banques commerciales, les institutions monétaires (Fed, BCE, etc.) leur imposent des contraintes réglementaires.

Parmi ces contraintes, on peut citer :

  • les contraintes bilantielles : chaque établissement de crédit doit présenter à tout moment un niveau de fonds propres réglementaire, composé des exigences minimales définies par les piliers 1 et 2 des Accords de Bâle (dits Bâle III) ; le montant total de leurs fonds propres sur leurs engagements doit être au moins égal à 8 % ;
  • les contraintes prudentielles : elles se renforcent au fil du temps. Ainsi, avec les nouvelles normes comptables IFRS, au lieu d'attendre que des prêts soient douteux avant de les comptabiliser, les banques devront afficher un montant prévisionnel de pertes « attendues ».

Cette nouvelle contrainte devrait freiner la création monétaire puisque certaines banques refuseront de consentir des crédits pour ne pas s’exposer à des risques excessifs.

Par ailleurs, les banques d’une importance systémique mondiale doivent détenir un niveau minimum de « capacité totale d'absorption des pertes » leur permettant d’absorber leurs pertes et être recapitalisées sans recours à des fonds publics ou aux fonds des déposants en cas de défaillance.

 

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