Recours cambiaires

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2020

Sommaire

Vous êtes en litige avec quelqu'un au sujet d'un chèque ou d'une lettre de change. Avez-vous pensé à vos recours cambiaires ? Le point sur la question. 

Recours cambiaires : définition

Les recours cambiaires sont les moyens de droit dont disposent les différents signataires et le porteur d'un effet de commerce ou d'un chèque, les uns contre les autres, en cas de défaut de paiement. 

Il s'agit de recours spécifiques. La matière prévoit des solutions adaptées aux circonstances particulières que sont les échanges bancaires et « cambiaires ». 

La matière est régie par les articles L. 511-1 et suivants du Code de commerce, s'agissant de la lettre de change. Pour le chèque, il convient de se référer aux articles L.131-2 et suivants du Code monétaire et financier

Mise en œuvre des recours cambiaires

Les recours cambiaires s'exercent dès lors qu'intervient un défaut de paiement.

Dans la plupart des cas doit être dressé ce que l'on appelle un « protêt ».

  • Il s'agit d'un acte authentique dressé à la demande du porteur du titre et qui fait foi du défaut de paiement.
  • Il est dressé par un huissier, plus rarement par un notaire.
  • C'est un acte qui reproduit les mentions du chèque avec la mention du non paiement, les raisons invoquées par le tiré pour l'absence de règlement, une sommation de payer (articles L. 131-61 à L. 131-68 du Code monétaire et financier, articles L. 511-52 et suivants du Code de commerce). 

Voyons la procédure applicable selon les titres concernés.

Le recours en cas de défaut de paiement de chèque

Sur le plan cambiaire, toutes les personnes obligées en vertu d'un chèque sont tenues solidairement envers le porteur.

Ainsi, le porteur a le droit d'agir contre toutes ces personnes, individuellement ou collectivement, sans être astreint à observer l'ordre dans lequel elles se sont obligées. Le même droit appartient à tout signataire d'un chèque qui a remboursé celui-ci.

L'article L. 131-47 du Code monétaire et financier dispose que « le porteur (ne) peut exercer ses recours contre les endosseurs, le tireur et les autres obligés, (que) si le chèque, présenté en temps utile, n'est pas payé et si le refus de paiement est constaté par un acte authentique nommé protêt. »

Les recours cambiaires ne sont ouverts qu'au porteur diligent qui a :

  • présenté le chèque au paiement ;
  • constaté le défaut ;
  • fait dresser protêt en temps utile.

En matière de chèque, l'utilité du protêt est relative. Peu sont dressés, selon l'enjeu en question. 

On lui préfère désormais le certificat de non paiement établi par le tiré en cas de refus de paiement du fait d'une insuffisance de la provision (article L.131-73 du Code monétaire et financier). 

Il doit être dressé avant expiration du délai de présentation. Le chèque émis et payable dans la France métropolitaine doit être présenté au paiement dans le délai de huit jours (article L.131-32 du Code monétaire et financier). 

Le recours en cas de défaut de paiement d'une lettre de change

La lettre de change est prévue par l'article L.110-1 du Code de commerce.

Il s'agit d'un instrument de paiement ou de crédit par lequel un  « tireur » donne mandat au « tiré », son débiteur, de payer à échéance une somme d'argent à un tiers dénommé bénéficiaire (ou porteur de la lettre de change).

Il s'agit d'un acte de commerce par la forme. Tout signataire d'une lettre de change entre dans un rapport commercial. Les recours cambiaires s'y appliquent (articles L. 511-1 et suivants du Code de commerce). Ils sont prévus en cette matière par les articles L. 511-38 et suivants du Code de commerce.

Le porteur de la lettre de change peut exercer ses recours contre les endosseurs, le tireur et les autres obligés à l'échéance, si le paiement n'a pas eu lieu.

Un recours est également possible avant l'échéance :

  • s'il y a eu refus total ou partiel d'acceptation ;
  • dans les cas de redressement ou de liquidation judiciaires du tiré, accepteur ou non, de cessation de ses paiements même non constatée par un jugement, ou de saisie de ses biens demeurée infructueuse ;
  • dans les cas de redressement ou de liquidation judiciaire du tireur d'une lettre non acceptable.

L'acte de protêt contient :

  • la transcription littérale de la lettre de change ;
  • l'acceptation de cette lettre de change ;
  • des endossements et des recommandations indiquées ;
  • la sommation de payer le montant de la lettre de change.

Il énonce la présence ou l'absence de celui qui doit payer, les raisons du refus de payer ou le refus de signer. 

Selon l'article L. 511-44 du Code de commerce, le porteur de la lettre de change impayée peut exercer ses recours contre tous ceux qui ont tiré, accepté, endossé ou avalisé une lettre de change, et ce, de manière solidaire. Il peut agir individuellement ou contre la collectivité, sans ordre précis.

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