Banque alternative

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2018

Sommaire

Les banques alternatives (appelées aussi « banques éthiques ») se définissent par leur vocation « sociale ». Plutôt que la recherche du profit pour le profit, elles tentent de favoriser l’insertion sociale, le développement durable, le développement de l’économie solidaire, ainsi que l’entrepreneuriat social.

Elles récoltent des fonds auprès des déposants avant de les réaffecter, sous forme de crédits, à des projets culturels, sociaux et environnementaux.

En France, le Crédit Coopératif et la Nef sont les 2 établissements les plus connus de cette galaxie bancaire, qui compte encore peu d’étoiles. On vous la présente.

Banque alternative : définition, statut et objectifs

On recense des banques alternatives un peu partout en Europe :  Banca Etica (Italie), Triodos (Pays-Bas), Merkur (Danemark), Ekobanken (Suède), Banque alternative (Suisse), etc.

La plupart de ces enseignes sont regroupées dans la Fédération Européenne de Finances et Banques Éthiques et Alternatives (FEBEA) et la Global Alliance for Banking on Values (GABV).

Selon la FEBEA, une enseigne alternative se définit comme « une banque qui œuvre pour le bien commun et qui assure le droit au crédit à travers une activité bancaire consistant à récolter des fonds et à les réaffecter, sous forme de crédits, à des projets culturels, sociaux et environnementaux ».

Au passif d’une banque alternative, on trouve donc les fonds qu’elle lève, notamment auprès des déposants et, à l’actif, l’activité de crédit qu’elle engage pour soutenir l’insertion sociale, le développement durable, le développement de l’économie sociale et solidaire, ainsi que l’entrepreneuriat social.

Juridiquement, la plupart des banques alternatives ont un statut coopératif.

En France la première banque alternative est le Crédit coopératif, qui compte plus de 300 000 clients et environ 50 000 sociétaires. C’est une des  enseignes du groupe Banques Populaires Caisses d’Épargne.

De son côté, la Nef, une coopérative financière fondée en 1978, compte environ 40 000 sociétaires. Depuis avril 2015, suite à un accord de partenariat avec le Crédit Coopératif, la Nef peut ouvrir des livrets d’épargne et des comptes à vue pour une clientèle professionnelle.

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Singularités des banques alternatives

Les banques alternatives pratiquent une forme de militantisme financier qui les singularise par rapport aux banques commerciales traditionnelles :

Elles appliquent parfois une taxe sur certaines transactions, dont le montant est ensuite reversé à des acteurs du développement international. Ainsi, depuis 2011, le Crédit coopératif a mis en place une contribution volontaire sur les transactions de change (CVTC). En pratique, la banque met de côté, 0,01 % du montant total des opérations de change interbancaires qu'elle traite. Cette ponction, qui s’inspire de la « taxe Tobin », a permis de récolter plusieurs centaines de milliers d’euros, avec lesquels des projets d’économie solidaire ont été développés en Inde, au Maroc et au Mali.

Certaines banques alternatives donnent la possibilité à leurs clients de reverser directement une partie des intérêts que leur rapportent des placements responsables à des organismes engagés en faveur des droits de l’homme ou de la défense de l’environnement.

Les banques alternatives cherchent à faciliter l’accès au crédit aux personnes négligées par les banques traditionnelles (travailleurs pauvres, chômeurs, etc.). 

Les clients des banques éthiques ont parfois la possibilité de choisir les projets que l’argent qu’ils déposent dans les coffres de cet établissement va financer.

À l’étranger, certaines enseignes comme la Banque alternative suisse se sont spécialisées dans l’intermédiation et le conseil en matière de placements durables.