Financement désintermédié

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

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Le financement désintermédié désigne celui qu’une entreprise se procure sans recourir au service d’un intermédiaire (banques, etc.) en levant elle-même des capitaux, par exemple sur le marché financier.

Même si les concours bancaires restent la première source de financement des entreprises, la part des financements désintermédiés s’est sensiblement accrue depuis 2008.

Principe et état des lieux

Le cycle de production d’une entreprise la contraint à engager des dépenses avant de percevoir des recettes. Il y a un décalage entre les débits et les crédits.

Pour se financer (investissement, achat de matières premières, paiement des salaires, etc.) les entreprises disposent de deux solutions, le financement intermédié (indirect) et le financement désintermédié (direct).

Dans le cas du financement intermédié, l’entreprise en quête de capitaux s’adresse à un intermédiaire financier, le plus souvent une banque. Elle lui prête de l’argent moyennant le versement d’un taux d’intérêt.

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Avec le financement désintermédié, l’entreprise court-circuite en quelque sorte les intermédiaires (banques, IFS) et se tourne vers les marchés pour y lever directement les capitaux nécessaires à son développement.

Ce sont surtout les grandes entreprises, capables de solliciter directement les investisseurs, qui recourent au financement désintermédié, via l’émission d’obligations.

L'augmentation de la part des financements intermédiés s’inscrit dans une tendance de fond.

En effet, le financement direct se présente comme un substitut au crédit bancaire, qu’il s’agisse de financer un investissement ou de restructurer un endettement (taux d’intérêt, maturité de la dette, etc.) dans des conditions plus favorables qu’en s’adressant à un financeur.

Différents types de financement intermédié

Le poids des crédits bancaires dans l’endettement total des entreprises est inversement proportionnel à leur taille. Les grandes entreprises sont donc les premières à recourir au financement désintermédié, car elles sont les mieux outillées pour s’adresser directement aux investisseurs.

Émission d'obligations

Les émissions obligataires sont la première source de financement désintermédié. La société émet des titres de créances qui sont achetés par des investisseurs sur le marché primaire (marché du neuf), puis négociés sur le marché secondaire (marché de l’occasion).

Hors groupes du CAC 40, la part de l’obligataire dans le financement des entreprises du SBF 120 atteint 66 %. Ces émissions sont d’abord le fait des poids lourds de la cote. Selon la banque de France, seules 3 % des PME recourent au financement obligataire.

Vente de titres de propriétés

Les augmentations de capital par la vente, aux investisseurs, de titres de propriété (type actions) dont le produit revient à l’entreprise, constitue une autre variante du financement désintermédié. Ces opérations financières sont très fréquentes.

Placements privés

Encouragées par les pouvoirs publics, de nouvelles formes de financements désintermédiés sont apparus ces dernières années, au premier rang desquels figurent les placements privés (Euro PP).

Unplacement privé est une opération de financement (à moyen ou long terme) entre une entreprise, cotée ou non, et un nombre limité d’investisseurs. Il s’agit d’un financement direct.

Depuis 2012, année de leur lancement en France, environ 10 milliards d’euros ont été levés à travers ces placements privés, qui s’adressent surtout aux entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Financement participatif

Enfin, le financement participatif (« crowdfunding »), ces levées de fonds réalisées auprès de particuliers via une plateforme sur Internet, a aussi élargi la gamme des financements directs. 

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