Taux d'intermédiation

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

Sommaire

Le taux d'intermédiation mesure la part des financements apportés par les agents financiers (notamment les banques) dans le total des financements dont bénéficient les agents non financiers (ménages, entreprises).

Il permet essentiellement d’évaluer la part des financements relative aux crédits bancaires et celle assurée grâce aux marchés de capitaux.

Tendanciellement, la part des crédits bancaires a tendance à reculer et celle liée aux marchés de capitaux a tendance à progresser.

Taux d’intermédiation : sens strict et sens large

Le taux d’intermédiation mesure la proportion des institutions financières résidentes (banque centrale, établissements de crédit et assimilés, organismes de titrisation, OPCVM, sociétés d’assurance et autres intermédiaires financiers) dans les encours de financement dont bénéficient les agents non financiers résidents : ménages, entreprises, etc.

Pour l’essentiel, le taux d'intermédiation est calculé à partir des comptes nationaux financiers trimestriels (CNFT) établis par la Banque de France.  

On distingue 2 taux d’intermédiation :

  • le taux d’intermédiation au sens strict (étroit) : il correspond à la part des seuls crédits octroyés par les intermédiaires financiers dans le total des financements des agents non financiers ;
  • le taux d’intermédiation au sens large : outre ces crédits, il prend en compte les titres émis par les entreprises (actions, obligations, titres de créances négociables) détenus par les institutions financières.
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Évolution du taux d’intermédiation

La mesure du taux d’intermédiation est un curseur permettant de caractériser le poids des intermédiaires financiers dans l’économie et leur positionnement face à l’essor de la finance de marché.

En France, depuis la crise des subprimes (2007/2008), on observe un recul assez sensible du taux d’intermédiation financière en France et un fort développement des marchés de capitaux. Les agents non financiers résidents font de plus en plus appel aux financements « désintermédiés ».

Parmi les facteurs expliquant la modification du taux d’intermédiation, on cite notamment :

  • la déréglementation de certaines activités financières qui allège les coûts d’accès aux marchés financiers ;
  • les innovations financières (nouveaux produits, etc.) qui renforcent l’attractivité des marchés financiers ;
  • l’internationalisation des entreprises nationales qui se développent dans des zones (États-Unis, etc.) où les agents non financiers sont habitués à se financer directement via les marchés de capitaux ;
  • la réduction de coût que permet un appel direct aux marchés par rapport à un financement intermédié.

Toutefois, malgré la progression du recours aux marchés financiers, le modèle de financement dans la zone euro reste centré autour de la finance intermédiée. Elle représente environ 90 % du PIB dans la zone euro contre 15 % aux États-Unis.

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