Rejet de prélèvement

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2021

Sommaire

Le prélèvement est un moyen de paiement par lequel le créancier est à l’initiative de la demande de paiement. Le débiteur doit avoir préalablement donné son accord au créancier et à sa banque ou son établissement de paiement. Le prélèvement est généralement utilisé pour les paiements fréquents et réguliers. Mais dans certains cas, il peut y avoir rejet de prélèvement.

 

 

Rejet de prélèvement automatique : définition

Au lieu d'effectuer un virement, un débiteur peut autoriser son créancier à prélever directement sur son compte bancaire l'argent qui lui revient :

  • soit par prélèvement ponctuel ;
  • soit par titre interbancaire de paiement (Tip). ​Une personne, une entreprise ou une administration (le créancier) peut fournir un document intitulé « titre interbancaire de paiement (Tip) » à la personne qui lui doit de l'argent (le débiteur). Le débiteur peut alors payer en apposant sa signature sur cet encart et en le renvoyant par courrier ;
  • ou par prélèvement automatique. Un débiteur peut donner de façon permanente à un créancier l'autorisation de faire prélever sur son compte les sommes dues, au fur et à mesure que les échéances de paiement arrivent.

Les causes principales du rejet de prélèvement

Il existe plusieurs causes au rejet d'un prélèvement. Il se peut que le compte ne soit pas suffisamment approvisionné pour que le montant dû puisse être prélevé.  

Le débiteur peut également demander à bloquer son compte : dans ce cas précis, la banque bloque le prélèvement, soit parce que le débiteur en a fait la demande ou parce que la banque a rencontré un problème technique avec le compte en question.

Un prélèvement peut être rejeté si les données du mandat sont invalides et que les informations techniques (nom, prénom, IBAN, etc.), qui ont été transmises à votre banque sont erronées.  

Un prélèvement peut également être rejeté si le compte bancaire concerné est fermé ou clôturé ou les données renseignées lors de la souscription sont ne sont pas les bonnes.

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Le rejet de prélèvement pour provision insuffisante

La banque n'est pas obligée de prévenir le payeur de son intention de rejeter l'ordre ou de percevoir des frais de forçage. La banque n'est pas non plus tenue d'informer le payeur de la décision de rejet. Celui-ci n'en a connaissance qu'en consultant ses comptes ou en interrogeant sa banque.

Pour résoudre l'incident, dès lors qu'il est informé de l'incident, le payeur doit régulariser sa situation par rapport à son créancier : soit, après réapprovisionnement du compte, grâce à une nouvelle présentation de l'ordre de paiement, soit par acquittement direct des sommes dues auprès du créancier, par tout moyen. À défaut, le payeur s'expose à un procès civil l'opposant à son créancier et, en cas de chèque sans provision, à devenir interdit bancaire pendant 5 ans.

Le montant des frais bancaires ne peut pas excéder le montant de l'ordre de paiement rejeté et est plafonné à 20 €. Les incidents de paiement non résolus sont enregistrés dans les fichiers privés de la banque concernée, dans le fichier central des chèques (FCC) et dans le fichier national des chèques irréguliers, notamment en cas de chèque sans provision. En cas d'impayés relatifs à des échéances de crédit, les informations relatives aux paiements non résolus sont enregistrés dans le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers.

Demande du rejet d'un prélèvement

Vous pouvez à tout moment mettre fin définitivement à une autorisation de prélèvement en demandant sa révocation (on l’appelle aussi résiliation) à votre banque, en lui indiquant le nom et les coordonnées précises du créancier qui émet le prélèvement. Vous devez simultanément prévenir votre créancier de cette résiliation. Cette révocation se fait, le plus souvent, sans frais. Si vous devez encore de l’argent à votre créancier, réglez alors cette somme par un autre moyen, en respectant les échéances fixées et dans les délais impartis.

En cas de désaccord avec le créancier, contactez-le pour régulariser la situation (par exemple, si le montant ou la date indiquée sur la facture ou l’échéancier ne correspond pas à ce qui avait été convenu).

En cas d’absence de solution, vous pouvez vous adresser à votre banque : si votre compte n’est pas encore débité du prélèvement vous pouvez faire opposition auprès de votre banque, c’est-à-dire lui demander de ne pas débiter ce prélèvement sur votre compte. Des frais bancaires vous seront généralement facturés.

Si votre compte est déjà débité du prélèvement dans un délai maximum de deux mois après le débit, le remboursement du prélèvement peut être obtenu auprès de votre banque en lui adressant une demande écrite. Vous devez lui préciser le motif (par exemple, montant différent).

Pour contester un prélèvement, vous devez prendre certaines précautions. Assurez-vous de disposer de la provision suffisante sur votre compte le jour du prélèvement afin d’éviter qu’il soit rejeté. Si vous estimez que vous n’aurez pas la provision nécessaire, contactez immédiatement votre banque et votre créancier.

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Qu’arrive-t-il si mon prélèvement est rejeté ?

Si votre prélèvement ne peut pas être payé au créancier parce que la provision de votre compte est insuffisante, votre banque peut rejeter ce prélèvement. Ce rejet donne lieu à la perception de frais bancaires. Des pénalités pourront également être dues au créancier. Si vous devez encore de l’argent à votre créancier, prenez contact avec lui et réglez cette somme par un autre moyen, en respectant les échéances fixées et les délais impartis. Le non-paiement de cette somme peut vous exposez à une suspension du service fourni et à des recours de la part du créancier. Contester un prélèvement n’annule pas votre dette.

Frais de rejet de prélèvement

Pour que des prélèvements soient effectués, il faut que le client ait donné une autorisation de prélèvement. Avec celle-ci, le client demande à sa banque de régler les prélèvements qui seront présentés par une société ou des créanciers désignés par l’autorisation (gaz, électricité, assurances, impôts, etc.). Le client s’engage à ce que le compte soit suffisamment approvisionné pour assurer le paiement le moment venu.

En cas de défaut ou d'insuffisance de provision, la banque peut rejeter le prélèvement sans être tenue de l'en informer son client. Elle facturera ensuite des frais de rejet. Le montant de ces frais est librement tarifé par les banques. Le détail de ces pénalités est récapitulé dans la grille tarifaire des différentes enseignes.

Le décret (n° 2007-1611) du 15 novembre 2007 plafonne toutefois les frais bancaires applicables à ces incidents de paiement. Ce plafond est codifié à l’article D. 133-6 du Code monétaire et financier. Il se monte à 20 € (par incident). En pratique, bien que certaines banques ne facturent rien en cas de petits refus (moins de 5 €), la plupart des enseignes se sont alignées sur ce maximum réglementaire.

Depuis le 1er février 2019, suite à un engagement pris par la profession bancaire, les frais bancaires d'incidents de toute nature sont plafonnés à 25 € par mois pour les personnes en situation de fragilité bancaire. À compter du 30 juin 2019, ils sont plafonnés à 20 € par mois et 200 € par an pour les clients ayant souscrit à l'offre bancaire spécifique dédiée aux personnes en situation de fragilité financière. Le décret n° 2020-889 du 20 juillet 2020 modifie les critères d'appréciation de la situation de fragilité financière de leurs clients par les établissements de crédit. Désormais, un client est considéré comme fragile : à la suite d'irrégularités de fonctionnement de compte ou d'incidents de paiement répétés pendant trois mois consécutifs et en particulier s'il cumule 5 irrégularités ou incidents de paiement au cours d'un même mois ; s'il a un dossier de surendettement en cours de traitement ; ou s'il est inscrit pendant 3 mois consécutifs au fichier de la Banque de France centralisant les incidents de paiement (article R. 312-4-3 du Code monétaire et financier).

Les frais pour prélèvements impayés facturés par la banque peuvent être alourdis par ceux du tiers (le plus souvent un fournisseur de services) dont le prélèvement a été rejeté.

Entrée en application au 1er janvier, le décret n° 2014-739 du 30 juin 2014 relatif à l’information préalable du consommateur en matière de frais bancaires prohibe la facturation des frais bancaires au fil de l’eau.

Dorénavant le client doit être informé que des frais vont lui être appliqués lors de l’envoi de son relevé de compte. Ces frais ne sont ne pas débités immédiatement, mais 14 jours au minimum après envoie de l’avertissement.

Ces frais s’entendent commissions d’intervention inclus.

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