Rupture abusive de crédit

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en janvier 2021

Sommaire

Une rupture abusive de crédit correspond à la décision d’une banque de ne pas renouveler les lignes de crédit à court terme accordées à un emprunteur sans respecter un préavis.

Cette pratique est sanctionnée par le Code monétaire et financier.

Une rupture abusive de crédit est une action qui peut être condamnée en justice, car elle peut causer la faillite d'une entreprise.

Définition de la rupture abusive de crédit

En France, des délais de paiement fournisseurs à rallonge fragilisent la trésorerie des entreprises. Elles ont donc souvent recours à des emprunts à court terme pour financer leur cycle d’exploitation. Ces concours bancaires sont indispensables et leur arrêt peut provoquer un dépôt de bilan immédiat.

La rupture abusive de crédit se caractérise par l'interruption brutale du financement d’un client sans le prévenir préalablement. Et donc, sans lui donner le laps de temps nécessaire pour pouvoir trouver d'autres prêteurs en remplacement.

Rupture abusive de crédit : ce que dit le Code monétaire

Le Code monétaire et financier (article L. 313-12) fixe la règle du jeu en ce qui concerne la cessation des financements bancaires.

Il précise que :

  • tout concours à durée indéterminée, autre qu'occasionnel, qu'un établissement de crédit ou une société de financement consent à une entreprise, ne peut être réduit ou interrompu que sur notification écrite et à l'expiration d'un délai de préavis ;
  • ce délai de préavis est fixé lors de l'octroi du concours (du prêt) ;
  • ce délai ne peut, sous peine de nullité de la rupture du concours, être inférieur à 60  jours.

Par ailleurs, en conformité avec les dispositions légales, la banque ou la société de financement doit fournir à l’entreprise, sur sa demande, les raisons de cette interruption (ou réduction).

Lire l'article Ooreka

Exception à la rupture abusive de crédit

Une seule situation permet à une entreprise d’interrompre une ligne de crédit en s’affranchissant des règles d’usage. C’est en cas de comportement gravement répréhensible du bénéficiaire du crédit ou au cas où si la situation de l’entreprise s'avérerait irrémédiablement compromise.

Pour ne pas être taxé de soutien abusif, la banque ne doit en effet plus accorder de crédit à une entreprise si sa situation est irrémédiablement compromise, faute de quoi sa responsabilité est susceptible d'être engagée. En effet, d’autres créanciers pourraient lui reprocher d’avoir créé une fausse impression de solvabilité autour de cette société, les incitant aussi à lui accorder des crédits finalement irrécouvrables.

Lire l'article Ooreka

Ces pros peuvent vous aider